Simple, basique

Quand on parle de développement durable, on parle avant tout de trouver une manière de continuer nos activités humaines tout en assurant la survie de notre espèce sur cette planète. Pour cela, nous avons besoin d’un air respirable, d’eau potable, de nourriture, d’interactions humaines bienveillantes et de se sentir appartenir à un groupe. Or notre modèle de développement actuel mets ces cinq éléments essentiels en péril. Parmi deux des principaux défis du moment : le changement climatique et la distribution des richesses. Nous avons donc un urgent besoin de changer certaines vieilles habitudes. Pourquoi et comment ? Je vous invite à visionner ces deux très inspirants films : Demain et En Quête de Sens.

Quel rapport avec le tourisme ?

Voyages, voyages… qui ne rêve pas à l’évocation de ce doux mot ? Voyager c’est aller à la rencontre de l’autre, de la nature, de l’inconnu, sortir de sa zone de confort. « Les voyages forment la jeunesse. » et les moins jeunes tout autant !

Les êtres humains voyagent depuis la nuit des temps, pour des raisons plus ou moins glorieuses : en quête de nourriture, par convictions religieuses, pour le commerce, à la conquête de nouveaux territoires… Mais le voyage « touristique », comme on le connaît aujourd’hui, est en fait un phénomène très récent. Il est apparu il y a moins d’un siècle avec l’arrivée des premiers congés payés et l’invention du moteur à réaction. Puis au cours des années 1990 sont apparues les premières compagnies aériennes à bas prix. Passer des vacances à l’autre bout du monde est alors devenu l’affaire de tous (ou presque!) (enfin en France…). Le tourisme international connaît d’ailleurs une croissance annuelle constante de 4%. Aujourd’hui si on ne voyage pas, on n’est pas cool ! C’est devenu la norme, un bien de consommation comme un autre…

Le tourisme peut constituer une fabuleuse manne financière, créatrice d’emplois (10% du PIB à travers le monde), et servir de motivation économique à la conservation de l’environnement et du patrimoine culturel. Cependant, voilà, la croissance du secteur est si fulgurante qu’on parle aujourd’hui de tourisme de « masse », et comme toute chose faite avec excès, le tourisme entraîne dans sa spirale infernale une myriade de menaces. Il serait responsable de 5 à 8% des émissions carbone (dont la moitié ce celles-ci à cause de l’avion), engendre une surconsommation en eau potable, en énergie, une surproduction de déchets, la destruction d’habitats naturels, des conditions de travail précaires, un sentiment d’invasion et la flambée des prix pour les locaux. On parle même de « tourismophobie » dans certaines destinations.

Et alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Comment donner envie : aux voyageurs de ralentir le rythme ? aux gouvernements de légiférer ? aux entreprises de prendre leur part de responsabilité ? Tourisme et développement durable peuvent-ils aller de pair ? Oui ? Non ? Mon cœur balance et joue au yo-yo. Mais la part de Florie optimiste se dit que les problèmes proviennent des excès, et que comme tout excès, il doit être possible de les limiter.

Qu’est-ce que je fais ?

Le changement commence par soi-même. Quelle est ma part de colibri ? A titre personnel, j’en parle par ici, et niveau pro, je suis :

  • Journaliste : J’écris pour vulgariser l’information afin de sensibiliser, et donner de la visibilité aux porteurs d’initiatives positives sur Voyageons-Autrement et TV5MONDE.
  • Consultante Webmarketing : J’accompagne de petites structures touristiques afin qu’elles puissent elles aussi récupérer leur « part du gâteau » : création de sites Internet, coaching marketing, réseaux sociaux, photos/vidéos…
  • Intervenante / Prof / Formatrice : J’interviens dans des écoles de tourisme pour développer l’esprit critique des étudiants sur ces sujets, ainsi qu’au CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale). Je partage des pistes d’actions, outils, méthodes. Exemple d’un de mes modules de cours à télécharger librement :

Nota Bene

Les entreprises du tourisme durable : qui sont-elles ? Selon moi, les prestataires de tourisme les plus « durables » sont ceux qui ont choisi de faire du tourisme par passion, en l’intégrant à leur projet de vie, et non pas par pur opportunisme (en cherchant à générer toujours plus de profit, toujours plus vite, sans se soucier des conséquences). C’est avec ces entrepreneurs du tourisme passionnés que j’ai envie de travailler. Cependant, je suis consciente que les grandes entreprises, souvent portées par des groupes d’investisseurs, font partie du paysage et qu’il est important de les faire changer aussi.

Le tourisme durable = un marché de niche ? Non! Tourisme « durable » doit être égal à tourisme « tout court » et devenir la norme. Il s’agit avant tout de bon sens et de faire de cette durabilité un critère de qualité. Le terme de tourisme durable est un terme à utiliser entre professionnels du tourisme, mais que je ne conseille pas d’utiliser envers les voyageurs. On doit alors plutôt mettre en avant les « bénéfices clients » : parler d’authenticité, de saveurs, de rencontres, de détox digitale, de slow travel… Tous ces bénéfices qui découlent des pratiques « durables » de l’entreprise.

#TourismeDurable ? La « durabilité » est un long chemin, et je trouve d’ailleurs le terme de tourisme « durable » un peu fort pour qualifier de nombreuses initiatives, qui bien qu’allant dans le bon sens, sont encore loin d’incarner toutes les dimensions nécessaires à un véritable développement durable. Personnellement je préférerais utiliser le terme de tourisme responsable ou citoyen. Cependant, à l’ère des réseaux sociaux, le hashtag #TourismeDurable semble avoir remporté la donne pour référencer le contenu lié à ces problématiques.

Tout cela en continuant à espérer qu’il n’est pas, tout à fait, trop tard ?
Lire : Le Tourisme du temps de l’effondrement

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